Meaux : une association musulmane poursuit Liès Hebbadj – 29/04/2010 – leParisien.fr

Pas question pour elle d’en rester là. Rachida Benamed, la représentante de l’Association des musulmans de Meaux et de sa région n’apas spécialement goûté les propos de Liès Hebbadj, le conjoint de la femme verbalisée pour avoir conduit en niqab à Nantes.

 
Sur la toile
Le mari de la conductrice voilée récuse la polygamie

La musulmane pratiquante a décidé de porter l’affaire devant la justice.
Hier, cette habitante de Meaux s’est rendue au commissariat de sa ville pour déposer une plainte pour diffamation contre le commerçant nantais au nom de son association qui regroupe une soixantaine d’adhérents. Après avoir transité par le parquet de Meaux, la plainte devrait atterrir au parquet de Nantes, là où s’est déroulée l’affaire qui a suscité la colère de cette mère de trois enfants.
Il y a trois jours, menacé par Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, d’être déchu de la nationalité française parce qu’il « vivrait avec quatre femmes », Liès Hebbadj s’était défendu d’être polygame, en affirmant avoir des maîtresses. « A ce que je sache, les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l’islam.Elles le sont peut-être par le christianisme, mais pas en France. Si on est déchu de sa nationalité pour avoir des maîtresses, il y a beaucoup de Français qui seraient alors déchus de la nationalité », avait ironisé le musulmande35ans. Des propos « insupportables » pour Rachida Benamed.
« Cet homme salit notre religion. A cause d’une minorité comme lui, on fait du mal à toute la communauté musulmane », tempête-t-elle avant de soulever les points qui lui semblent diffamatoires : « D’abord, l’islam n’autorise pas les maîtresses. Dans notre religion, l’adultère est un péché. La polygamie n’est pas interdite,mais elle est strictement encadrée. Si cet homme s’est marié religieusement avec plusieurs femmes, les qualifier publiquement de maîtresses revient à les répudier aux yeux de la communauté musulmane. »
Devant l’ordinateur où elle guette avec attention l’évolution de cette affaire, Rachida Benamed ne décolère pas. « C’est un homme dangereux. Il profite de sa soudaine notoriété pour véhiculer une image catastrophique de l’islam. Si la justice ne condamne pas cet homme, ce sont tous les barbus de France qui auront gagné », déplore la musulmane qui soutient le projet de loi contre le port du voile intégral et milite activement pour la réglementation du statut des mosquées.
Derrière sa démarche, la volonté de s’exprimer au nom de« la grande majorité des musulmans qui ne supportent plus les provocations des extrémistes ». « L’islam est une religion de paix, soupire- t-elle en hochant la tête, dépitée. Mais aujourd’hui, tout le monde semble l’avoir oublié. »
 

Autant le combat de cette association est intéressante sur le fond, autant en l’espèce le choix de la judiciarisation la condamne à l’échec et peut donc se retourner contre les objectifs qu’elle défend.
En effet, n’oublions pas que la diffamation est l’allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. En matière de « diffamation religieuse » il faut qu’elle soit commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison…de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une… une religion déterminée ». Or, il ne suffit pas que Liès Hebbadj véhicule une image catastrophique de l’Islam (et de façon générale, on peut penser que les victimes de cette affaire seront une nouvelle fois les étrangers), ni que des musulmans se sentent blessés par les propos de cette intégriste. Il faut qu’une personne ou qu’un groupe de personnes se voient accusés par l’intéressé de faits qui portent atteinte à leur honneur ou à leur réputation en leur qualité de membres de la religion musulmane. Or, il n’y a rien de tout cela dans les propos de Liès Hebbadj.
Au travers de cette action judiciaire, c’est la tendance moderne à faire du juge l’arbitre d’un conflit politique de valeurs. Mais un juge ne peut se substituer aux acteurs politiques. En même temps, si l’association n’avait pas porté plainte, on peut douter de la médiatisation de son combat…

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