le non renouvellement du contrat d’un professeur « mal pensant » dans une université catholique

.MsgBody-text, .MsgBody-text * { font: 10pt monospace; }Lorsque nous étudions les intérêts en présence – liberté d’expression d’un universitaire d’un côté, liberté d’une université confessionnelle à préserver la cohérence de son corpus idéologique de l’autre – il semble plus rationnel, « proportionné » de faire pencher la balance du côté du « déviant », l’universitaire. Y a-t-il bien plus précieux pour un universitaire que sa liberté d’expression ? Sans cette dernière, c’est l’activité de transmission critique du savoir qui disparaît, c’est la notion même de réflexion intellectuelle qui est diluée au nom d’un dogme. Plus grave peut-être : que signifie le pluralisme tant vanté par la Cour si une université confessionnelle ne peut accepter en son sein UN professeur porteur d’un regard critique sur le corpus idéologique enseigné? En quoi les intérêts supérieurs de l’université sont-ils menacés alors que tous les professeurs de l’université milanaise – sauf un – assurent leurs enseignements selon les canons bibliques tels que lus par les autorités vaticanes? On peine à penser que la seule présence du professeur Lombardi Vallauri représente une menace majeure pour la doctrine de l’Eglise légitimement enseignée à la Cattolica de Milan. Que signifie un cours de philosophie du droit si l’enseignant doit se contenter de citer la Bible, le Pape, Thomas d’Aquin ou Aristote relu par ce dernier ? Point de contestation possible, de doute permis: le pluralisme idéologique s’efface au sein de l’université quand celle-ci est religieuse

En l’espèce, la Cour européenne des droits de l’Homme, a fait effectivement prévaloir la liberté de l’université catholique à choisir des enseignants conformes au dogme. Bien dommageable. La cour a fait sienne la position de la cour institutionnelle italienne a propos des universités privées, quand bien même l’université en cause est publique et que la laïcité est dorénavant garantie par la constitution :

.MsgBody-text, .MsgBody-text * { font: 10pt monospace; } la liberté des professeurs d’enseigner (pleinement garantie dans les universités étatiques) est soumise, dans les universités privées, à des limitations nécessaires à la réalisation des finalités de celles-ci. En effet, la liberté d’une université serait violée si elle ne pouvait plus choisir ses professeurs sur la base d’une évaluation de leur personnalité ou bien si elle ne pouvait pas résilier un contrat lorsque des positions religieuses ou idéologiques d’un professeur contredisent celles prononcées par l’université elle-même 

Cependant, la cour a néanmoins considéré que dans ce non renouvellement de contrat d’un professeur de droit renommé violait l’article 6-1 de la convention européenne des droits de l’Homme, pour ne pas avoir bénéficier de garanties procédurales suffiantes pour discuter du bien fondé de sa mise à l’écart. Je trouve cela quelque peu hypocrite, dès lors que sur le fond, on fait de toute façon prévaloir la liberté de l’université sur la liberté accadémique et d’expression. Et cela même si « Ennemie jurée de l’arbitraire, la forme est la soeur jumelle de la liberté ».

NB : citations de Franck Lafaillle, AJDA 8 février 2010 P 215-218 « la liberté accadémique doit-elle passer sous les fourches caudines des univesrités confessionnelles ? »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :