La Révolution au théâtre

A défaut d’être vraiment révolutionnaire, l’hymne nouveau était en effet propre à enthousisamer les foules, à recréer la communion que les hommes du temps attendaient du théâtre autour de valeurs largement partagées, et ce qui est plus important, à la pérenniser en dehors de la salle. La première strophe avait exalté la vertu des combattants, appelés à défendre la partie contre l’envahisseur étranger, mais la dernière célébrait le « courage civil », l’abnégation du citoyen ordinaire capable au besoin de se sacrifier pour la liberté

[…]

 

Que peut-on laisser voir de la Révolution au théâtre ? Questions délicates que les autorités et les censeurs sous les monarchies constitutionnelles, d’auatant que la période suscitait l’intérêt du public, tout particulièrement parisien, et exerçait un profond attrait sur les dramaturges. Pour résumer à grands traits, en tant que ressort mélodramatique, la Révolution ne posiait guère de problème ; comme représentation d’un moment historique, ou prétexte à réflexions politiques, elle était en revanche censurée. Il était inconevable en effet de faire l’éloge sur scène de Marat? Robespierre ou Danton, ou même de le faire prononcer par un personnage quelconque. Mais le peuple ? Pouvait-on évoquer son rôle dans les évènements ? 

[…]

 

Mais le texte dAlexandre Dumas semblait politiquement anodin, et les cnseurs ont certainement mal apprécié le public du théâtre historique, plus populaire qu’envisagé. Et surtout, comme la plupart des critiques ils ont méconnu l’importance de la mise en scène. Or, c’était la toute première fois que l’époque de la Terreur encore proche mais imprécise dans la mémoire du peuple parisien, était restituée de manière réaliste, ce qui lui conférait une grandeur impressionnante, et permettait des phénomènes d’identification. Ecrivain, dramaturge, Dumas n’était certes pas révolutionnaire ; mais l’importanct en définitive, ce que les critiques ont moins bien senti que le commun des spectateurs, c’est qu’en tant que pionnier de la mise en scène, il l’était.

 

Extrats de l’article « théâtre et Révolution à la veille de 1848 : le Chevalier deMaison-Rouge, Vincent Robert, Actes de la Recherche en Sciences Sociales n°186-187 mars 2011

Comment une oeuvre est reçue par son public , sans que son auteur l’ait souhaité ou même contrairement aux souhaits de son auteur

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :